Renaissance
Alors qu’à l’état brut cette masse humide et blanche semble inerte, elle attend de trouver sa nouvelle apparence, tel un champ labouré prêt à être ensemencé.
Là, elle respire, elle transpire, douce, meuble et malléable. Elle Attend.
Au bon moment, elle peut s’étirer, s’affiner. Délicate, elle s’éveille absorbant les pressions de nos mains habiles et elle se déploie comme la tige tendre d’une fougère qui se déroule vers la lumière.
Puis, elle prend forme, elle se maintient dans l’espace, trouvant son équilibre jusqu’à atteindre la stabilité. Elle durcie, elle se fige dans une atmosphère propice lui permettant encore de respirer. Elle attend.
Encore fragile, son aspect soyeux et sa fraîcheur semblent l’animer. L’on voudrait arrêter là sa mutation, observant chaque jour cette forme qui s’imprègne de la vie, mais sa destinée lui impose de mûrir sous l’influence du feu pour prendre son état solide, celui qui lui permettra d’exister à travers le temps, libérée de toutes altérations.
On lui rend un dernier hommage, lui offrant son habit de lumière. A nouveau confiée aux flammes et proposée aux variations des vents, elle va renaître sous notre regard émerveillé.
Elle est unique.